Le coeur du cactus
n’est pas plus coriace
qu’une autre pulpe
Des mots et des images
Le coeur du cactus
n’est pas plus coriace
qu’une autre pulpe
une vache mâche
sans relâche
toujours dans le même sens
Deux tasses de café
Comme un pigeonnier surpris
Mon ventre grommelle
orteils de dragon fripés
les topinambours
crissent sous ma lame
Je m’endors, un livre à la main. Le chat ronronne, allongé sur le flanc.
Il est borgne. Dans mon rêve, il se transforme en bel adolescent aveugle. Assis sur le porche d’une cahute en pilotis, les pieds dans l’eau, il tient un coquillage couleur d’abricot, et écoute l’écume caresser le rivage.
A mon réveil, le chat est parti. De sa fourrure un peu de sable a chu ; demi-rêveurs, gardez cela en tête : parfois le songe survient avec fracas, ou bien il glisse en douceur le pied dans la porte, mais jamais, au grand jamais, il ne s’éloigne.