Haïkus de l’anthropocène

Les feuilles du peuplier crépitent

Affreuse fournaise 

Oh, étés d’antan !


Flottant sur la rivière 

Le cul d’une bouteille

Fleur de plastique


Dans ce paysage sec

Arrosés sans cesse 

Les champs de maïs  


Asphale grumeleuse

Rudes froids et chauds 

Ont ridé sa peau


Sur la hauteur de mes jambes 

Trois couches : trouble, tiède, fraîche 

Je mélange l’étang


Dans la forêt burgonde

Une muraille de grumes

Dix fois haute comme moi


Illustration : Figures ajagudes a la sorra (Personnages couchés sur le sable), Dali 1926